L’infection au coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient
(MERS-CoV) est associée à une mortalité élevée ; et il n’existe à ce jour
de thérapie antivirale approuvée pour son traitement. Notre but était donc de
comparer ribavirine et interferon alfa-2a comme traitements administrés à des
patients atteints d’infection MERS-CoV ne bénéficiant que d’une thérapie de soutien.
Dans cette étude rétrospective de
cohorte, nous avons inclus des adultes (d’âge ≥ 16 ans) atteints
d’infection MERS-CoV et de pneumonie confirmées par tests de laboratoire,
nécessitant un soutien respiratoire par ventilation mécanique, et diagnostiqués
entre le 23 octobre 2012 et le 1er mai 2014 à la Cité Médicale
Militaire Prince Sultan (Riyadh, Arabie Saoudite). Tous les patients
bénéficiaient d’une thérapie de soutien appropriée et étaient soumis à une
étroite surveillance clinique et laboratoire ; mais les patients
diagnostiqués après le 16 septembre 2013 recevaient également ribavirine per os
(dont la dose était calculée en fonction de la clairance en créatinine, pendant
8-10 jours) et PEG-interferon alfa-2a (180 µg par semaine pendant 2
semaines). Le critère primaire d’évaluation était la survie à 14 jours et à 28
jours à partir de la date du diagnostic d’infection MERS-CoV. Nous avons utilisé les tests de χ2 et de Fisher pour l’analyse des variables nominales et le test de t pour l’analyse des variables
continues.
Nous avons effectué l’analyse sur 20
patients qui ont reçu la ribavirine et l’interferon (groupe de
traitement ; amorcé à l’issue de période médiane de 3 jours après le
diagnostic) et 24 patients qui n’ont
pas reçu les traitements. Les caractéristiques cliniques et laboratoires
étaient similaires à la ligne de base entre les deux groupes, excepté pour ce
qui est du nombre de neutrophiles qui était significativement plus bas dans le
groupe comparateur (5.88 x 109/L [Déviation Standard -DS- 3.95] versus 9.88 x 109/L
[6.63] ; p=0.023). 14 (70%)
patients sur 20 patients du groupe traitements avaient survécu après 14 jours,
en comparaison des sept (29%) patients sur 24 patients du groupe comparateur (p=0.004). Après 28 jours, six (30%)
patients sur 20 et quatre patients (17%) sur 24, respectivement, avaient
survécu (p=0.50). Les événements indésirables étaient similaires entre les
groupes, à par la diminution en hémoglobine, qui était significativement plus élevée
dans le groupe de traitement que dans le groupe comparateur (4.32 g/L [DS 2.47]
versus 2.14 g/L [1.90] ; p=0.002).
La thérapie à base de ribavirine et
d’interferon alfa-2a est associée à une survie significativement améliorée à 14
jours, mais pas à 28 jours. La poursuite d'études plus approfondies effectuées sur essais
randomisés bien conçus est à recommander. Ali S Omrani FRCP et al, dans The
Lancet Infectious Diseases, publication en ligne en avant – première, 30
septembre 2014
Financement : aucun